mars
12

La prise d'acte de rupture du contrat de travail

  • Par jps le
    (mis à jour le )
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Certains considèrent la prise d'acte de rupture comme la panacée pour le salarié qui, refusant de démissionner, entend imputer la rupture à son employeur en prenant ensuite soin de saisir le juge du travail pour faire requalifier cette prise d'acte de rupture en un licenciement abusif.

La Cour de cassation considère que les manquements doivent être suffisamment graves pour rendre responsable l'employeur de la rupture et l'obliger à indemniser le salarié forcé au départ. C'est ainsi qu'en fonction des éléments du dossier, et sans que les termes de la lettre de prise d'acte de rupture ne fixe les limites du litige, la prise d'acte est qualifiée soit de démission, soit de licenciement sans cause réelle et sérieuse.


Le plus souvent, lorsque la prise d'acte est qualifiée de démission par le Conseil des prud'hommes, le salarié est débouté et l'affaire en reste là. Mais il est des cas où l'employeur se porte demandeur reconventionnel en faisant état du préjudice subi par cette prise d'acte de rupture qui a la particularité de mettre immédiatement fin à la relation de travail, c'est-à-dire sans respect du moindre préavis.

Pour la première fois à notre sens, la Cour de cassation vient de sanctionner un salarié qui a pris acte de la rupture de son contrat sans pouvoir ensuite justifier de la réalité et de la gravité des griefs reprochés à l'employeur. Dans son arrêt du 4 février 2009 (n° 07-44142 D), la Chambre sociale a en effet jugé que « lorsque la prise d'acte de la rupture s'analyse en une démission, l'employeur peut demander à être indemnisé par le salarié pour non-respect du préavis ».


Un autre arrêt rendu 7 jours plus tard mérite aussi un commentaire. En effet, lorsque le salarié est représentant du personnel (exemple délégué du personnel), la prise d'acte produit les effets d'un licenciement nul lorsque l'employeur a commis des manquements graves tel que le non paiement des heures supplémentaires. Dans un tel cas, les conséquences indemnitaires sont donc importantes pour l'employeur (Chambre sociale 11 février 2009, n° 07 44687 FD).


Citons enfin l'arrêt du 21 janvier 2009 (n° 07-41822 FSPB) rendu par la Chambre sociale de la Cour de cassation. L'on sait qu'un salarié déclaré inapte après un accident du travail bénéficie de dispositions protectrices concernant la rupture de son contrat de travail. A ce titre, une résiliation amiable du contrat n'est pas admise (Soc. 12 février 2002), tout comme une rupture conventionnelle suspectée de contourner les garanties légales (circulaire DGT 2008-11 du 22 juillet 2008).


Qu'en est-il de la prise d'acte ? Et bien cette prise d'acte est possible et produit les mêmes effets que ce soit pour un salarié inapte que pour tout autre salarié : elle ne produit les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse que si les griefs faits à l'employeur sont graves. Dans le cas contraire, comme c'était le cas dans cette affaire, les effets de la prise d'acte sont ceux d'une démission et le salarié perd alors le bénéfice des indemnités dues en cas de licenciement pour inaptitude physique.


Jean-Philippe SCHMITT

Avocat à DIJON (21)

Spécialiste en Droit du travail

03.80.48.65.00


7 commentaires

demission

  • Par lolo le

bonjour,

Suite à mon commentaire dans "contrat de travail CDI",j'envisage de démissionner, car il est rès difficile de travailler dans une ambiance tendue avec mon employeur depuis mon refus de signer le contrat,je voudrais savoir si la prise d'acte de rupture est possible dans le cas où l'employeur a manqué l'obligation légale de la visite d'embauche,par exemple. En sachant que je ne veux pas le poursuivre aux Prud'hommes, mais démissionner rapidement et sans effectuer de préavis.Puis je lui adresser une prise d'acte de rupture en précisant mon départ dans les 48 heures? Ou que conseillez vous dans mon cas? merci


Re ; démission

  • Par jps le

La prise d'acte peut être requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse en cas de manquement grave de l'employeur. L'absence de visite médicale est sans nul doute un manquement de l'employeur mais le juge devra dire s'il s'agit d'un manquement grave. Si vous n'entendez pas aller aux prud'hommes, autant démissionner et donc respecter le délai de préavis qui doit être mentionné à votre contrat en fonction de votre ancienneté (la démission va toutefois vous exclure du chômage pendant plusieurs mois). Mais si vous faites une prise d'acte, il est sage de respecter un délai de prévenance égal au délai de préavis en cas de démission.


Transaction post prise d'acte

  • Par DUCROS le

Bonjour,


Dans le cadre d'une transaction post prise d'acte de rupture par le salarié (convocation bureau de conciliation en cours), doit-on prévoir des indemnités entre la démission et le licenciement sans cause réelle et sérieuse ou doit on couvrir les indemnités prévues dans le cas d'un licenciement sans CR et Sérieuse et dans ce cas, quel intérêt de transiger?


RE: Transaction post prise d'acte (Ducros)

  • Par jps le

Une transaction nécessite qu'il y ait concessions réciproques. Donc, l'indemnité devra être inférieure à ce qui serait octroyé en cas de licenciement jugé abusif (sans cause réelle et sérieuse)


Transac post prise d'acte

  • Par PEGAZE le

Bonjour,


Je me trouve exactement dans ce cas de figure

une prise d'acte assimilée par mon employeur comme une démission le 01/06/2010.

suite à des négociations via nos avocats, et afin d'éviter la saisine du CPH nous avons signé une transaction

une nouvelle attest ASEDIC m'a été délivrée avec mention: "Licenciement pour autre motif"

une contrepartie financière m'a été versée, il s'agit d'une indémnité globale et forfaitaire de 4000 euros.

est ce qe je pourrai prétendre aux indémnités de chomage?

ya t-il ue période de carrence? si oui de combien?

je suis sans ressource finacière depuis juillet 2010.


Merci pour votre aide. et Bonne année 2011!!!!


RE: Transac post prise d'acte

  • Par jps le

Cela vous ouvre le droit aux allocations chômage avec une période de carence en rapport avec l'indemnité perçue


Conciliation totale prud'homale - Droit au chômage

  • Par Sunny le

Bonjour,


J'ai fait une demande de résiliation judiciaire de mon contrat de travail aux torts de l'employeur au conseil de prud'hommes. Au bureau de conciliation, nous avons fait un accord. Mon employeur m'a versé une somme de dommages et intérêts, puis mon contrat a pris fin le lendemain de la conciliation.


Puis j'ai déposé mon dossier au Pôle Emploi, mais ils m'ont refusé d'avoir droit au chômage. Car sur le Procès-verbal de la conciliation prud'hommes n'a pas indiqué la rupture de contrat était une résiliation judiciaire, et sur l'attestation d'Assedic, mon employeur a marqué "60 Conciliation totale prud'homale" pour le motif du rupture de contrat. Pôle Emploi donc a considéré c'était une démission, et je n'ai pas de droit au chômage.


Je ne souhaitais pas démissionner, c'est pour ça, j'ai demandé une résiliation judiciaire. Est-ce que le refus de Pôle Emploi est correct? Qu'est-ce que je peux faire pour avoir le chômage?


Merci d'avance de votre aide.